Depuis plus d’un mois, la mobilisation contre le CPE ne cesse de grandir. La journée du mardi 7 mars a rassemblé plus d’un million de manifestants dans toute
la France. Toute cette semaine écoulée a vu la multiplication d’initiatives des organisations de jeunesse : lycéens et étudiants se mobilisent contre un avenir fait de précarité que ce gouvernement prétend leur imposer.
Malgré l’ampleur des mobilisations, un rejet majoritaire dans l’opinion publique, l’unanimité des organisations syndicales et une cote de popularité en chute libre, le 1er Ministre persiste : il se refuse à retirer le CPE ! Dans son intervention télévisée de dimanche dernier, il a esquivé la question préalable, le retrait du CPE, pour parler de son aménagement et a inventé des mesures d’accompagnement que personne ne lui demande !
Comme le disait récemment un responsable syndical , on a un peu l’impression d’un de ces bonimenteurs qui vous vendent un ensemble de couteaux ou des cravates et qui ajoutent à chaque fois un petit cadeau supplémentaire pour faire oublier que la marchandise elle-même n’est pas de bonne qualité.
Le retrait du CPE, c’est le mot d’ordre central de l’appel de l’ensemble des organisations syndicales, de salariés, d’étudiants et de lycéens.
En effet, se battre contre le CPE, c’est se battre contre la précarisation générale de nos vies et cela concerne l’ensemble de la population !
Le CPE n’est pas une mesure qui vise à réduire le chômage ; c’est une étape supplémentaire dans la précarisation de l’emploi et la mise à mal du contrat de travail.
Ce que veulent les patrons, ce sont des salariés qui soient dociles, peu payés et mis en concurrence les uns avec les autres !
Certes, ces pleins pouvoirs de l’employeur connaissent, théoriquement, quelques limites :
Mais prenons les exemples de la protection des femmes enceintes ou du licenciement touchant un représentant du personnel, exemples mis en avant par le 1er ministre . Dans les faits, ces limites seront très difficiles à invoquer puisque l’employeur n’aura pas à donner de motif au licenciement : il faudra qu’il soit particulièrement maladroit ou suffisamment imprudent pour faire état devant témoins d’un motif prohibé de licenciement.
Le CPE, comme le CNE, c’est tout cela : pouvoir être licencié du jour au lendemain, sans justification ; c’est le retour au patronat de droit divin du début du 19ème siècle ! C’est le retour à
la Barbarie !
Et, ne nous y trompons pas, si aujourd’hui, le CNE est réservé aux entreprises de moins de 20 salariés (enfin, en réalité, 20 + autant de jeunes que l’on veut, puisqu’ils ne comptent pas dans les effectifs), qui sont 90 % des entreprises, et si le CPE ne peut être utilisé que pour embaucher des jeunes de moins de 26 ans, dans n’importe quelle entreprise, il ne faut pas être grand clerc pour deviner que la tendance est à la généralisation de ce type de mesure, comme l’a tout de suite demandé le Medef.
Laurence Parisot, la nouvelle philosophe en vogue, l’a bien dit : puisque la vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?
Répondons lui que l’histoire de l’humanité est justement un long chemin jalonné de batailles gagnées contre la précarité, contre l’insécurité par des progrès ,des conquêtes, des batailles : invention de l’agriculture contre la précarité de la cueillette, invention de l’élevage contre la précarité de la chasse, en passant par tous les droits conquis en matière de protection sociale par des générations de syndicalistes.
Souvenons nous par exemple qu’il y a tout juste 70 ans , se développait en France, dans un contexte de crise politique et économique , un formidable mouvement appelé Front Populaire.
Aujourd’hui , le gouvernement et le Medef organisent l’insécurité sociale généralisée par le truchement de cette loi dite d'égalité des chances; Outre le CPE ces dispositions prévoient le retour au 19 éme siécle pour les enfants agés de 15 ans invités au travail de nuit et de 14 ans pour l'apprentissage.
Aujourd'hui 18 mars 2006 nous fêtons l'anniversaire de l'institution du conseil des Prud'hommes qui souffle ses 200 bougies et ce que nous voulons c'est le contraire de cette loi!
Nous voulons des droits collectifs et un droit du travail qui protègent les salariés !
C’est pour cette raison que la bataille contre le CPE nous concerne tous, au delà des générations et des situations professionnelles de chacun et chacune !
C’est pour cette raison que nous devons amplifier encore notre mobilisation , convaincre nos proches, nos ami-es, nos voisins de nous rejoindre dans cette lutte vitale pour notre avenir et celui de nos enfants.
C’est pour cette raison que nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas fait retirer le CPE et le CNE.
C’est pour cette raison légitime que comme le 29 mai dernier où nous avons déjà dit non ! … nous allons gagner !