SUD RURAL
BIENTOT HUIT ANS D’HISTOIRE
Le mouvement social de décembre 1995 et les carences des organisations syndicales en place ont fait apparaître la nécessité de créer un outil syndical pour répondre à l’attente des personnels en lutte et des citoyens en colère.
Cette situation engendra chez les syndicalistes oppositionnels aux orientations et aux pratiques anti-démocratiques dans leur organisation, un rejet définitif qui s'est cristallisé au contact des personnes qui, pour les mêmes raisons, n’étaient pas ou plus syndiqués mais restaient dans la lutte.
Ce fut le cas pour nombre de militants CFDT qui après des discussions avec les autres secteurs professionnels (SNCF, ANPE, Territoriaux, Santé – Sociaux, Education…) se regroupaient sous la bannière SUD après l'échec de "Tous ensemble" en juin 96.
SUD RURAL voyait le jour ce mois-là, à 4 encablures d'une consultation générale des personnels du ministère de l'agriculture.
Notre première décision fut de créer une seule entité sur l'ensemble des services de notre ministère: le même syndicat pour l'administration centrale, les services déconcentrés et l'enseignement agricole public. A ce jour, seule la CGT dispose de cette structuration fonctionnelle et cohérente, propre à représenter l'ensemble des communautés de travail dans les instances paritaires.
Notre choix fut aussi de privilégier l'investissement interprofessionnel en direction des plus démunis de notre société:
Sans ressources, sans travail, sans logement, sans papiers, sans statut, sans défenseurs aux Prud'hommes ou face à l'administration…Nous avons contribué à re-fonder l'action syndicale et citoyenne pour les plus défavorisés, dans notre ministère et ailleurs.
REPRESENTATIVITE
Le score de 2.19 % (avec 7 malheureux sièges dans différents sites électoraux) était obtenu en décembre 96 après une campagne électorale sans moyens où les plus optimistes nous donnaient moins de 1 % et
3 mois de survie à l'échelle nationale.
Toujours privés de moyens syndicaux et de financement, les 14 fondateurs de Sud Rural, jetaient dans la bagarre toute leur énergie…mais le complot anti – démocratique était en marche.
Car, face au développement des SUD, (Sud Rail, Sud Education, Sud Santé – Sociaux) et à notre émergence en Midi Pyrénées, Aquitaine, Bourgogne et plus particulièrement dans l'enseignement agricole public, la droite réactionnaire au gouvernement avec la complicité objective des confédérations syndicales mettait en place fin 96 "l'amendement Perben" sur la représentativité syndicale.
Ainsi, cette loi permet à des syndicats comme la CFTC ou la CGC de se présenter sans barrage et malgré des scores inférieur aux nôtres…ouvrant la voie royale à la CGT, la CFDT et FO alors que nos candidatures sont refoulées, à l'exception des sites où nous avions des élus. Jeu étrange des grosses cavaleries syndicales que cette alliance avec ce gouvernement liberticide qui, peu après faisait évacuer l'église St Bernard où les sans papiers avaient trouvé refuge!
Durant deux ans, nos militants ont porté sur 14 départements nos valeurs et nos luttes et ce fut l'occasion d'intégrer la première intersyndicale (et la dernière avant longtemps!) au MAP sur la précarité…il faut dire que collecter plus de signatures et de fiches de titularisation que certaines des grosses pointures appelant à l'action, n'est pas passé inaperçu!
Au premier congrès national, qui s’est tenu à Aix les Bains en octobre 1998, la poignée de militants présents ont adopté les statuts du syndicat national SUD RURAL ainsi que l'adhésion au Groupe des Dix Solidaires, notre regroupement intersyndical interprofessionnel. Les textes adoptés, dont beaucoup sont toujours de mise, tentaient d'allier démocratie, efficacité et radicalisme revendicatif.
En 2000, nouvelle consultation générale et, comme prévu, nous sommes exclus de 100 sites électoraux sur 155. Cette injustice décuple notre énergie militante et nous obtenons des nouvelles implantations en Provence Alpes Côte d'Azur, en Poitou Charente et en Région Parisienne avec la déception de manquer d'un cheveu nos premiers élus dans l'enseignement agricole. Ce sont quand même 17 sièges en CTP que nous obtenons.
Le congrès de Toulouse en 2000, montre bien la fatigue de certains militants fondateurs et la nécessité de renouveler les cadres conformément aux statuts qui exigent la limitation des mandats et des décharges. L'unique décharge syndicale obtenue est saucissonnée en tranches de 10 et 20 % et répartie entre les militants.
C'est l'époque des premières discussions sur l'ARTT. Sud Rural rentre très tôt dans la dénonciation du sabotage des missions de services publics et, malgré une belle mobilisation le 14 juin 2001 à Paris, le ministre Glavany peut s'enorgueillir d'un "non accord…non conflictuel!". Il cherche encore les raisons du désastre de 2002!
En 2003, c'est (enfin!), la reconnaissance: Le ministre accepte Sud Rural sur les 4 scrutins nationaux (CTPM, CTP AC, CTP SD, CTP DGER) pendant que nous ferraillons contre les "Directateurs" qui, sur le plan local, rejettent nos candidatures à tout va.
5.66 %, c'est le score qui permet à Sud Rural de rentrer par la grande porte au CTPM et dans l'enseignement agricole et de disposer de moyens pour fonctionner. Avec plus de 40 élus dans les sites acceptés, Sud Rural engrange la plus belle progression.
Le congrès de Besançon 2003 a ainsi facilement formalisé le renouvellement de l'exécutif et réparti les tâches de façon plus sereine et plus fonctionnelle .