hors des essais OGM "plein champ": point de salut?

Publié le par sud inra

SUD inra

extraits du communiqué de septembre …2003

Rappel de l’expression de notre syndicat fin 2003, SUDINRA à l’époque, les questions posées sont hélas toujours d’actualité, et même aggravées avec l’annonce récente de productions « sauvages » de maïs OGM dans le SUD-OUEST, en dehors de toute légalité !

Hors des essais OGM « plein champ » : point de salut ?

« C’est ce qu’affirment les initiateurs de la pétition lancée sur « défendonslarecherche.free.fr». L’appellation du site attire plutôt la sympathie , rappelant le précédent mouvement « recherche-en-danger.org» du printemps dernier, qui avait contribué à contrer les ponctions budgétaires de M. Raffarin ! Le titre de la nouvelle pétition se veut accrocheur « Ne laissons pas saccager les travaux des chercheurs français ». Bigre, le gouvernement aurait-il remis le couvert, profitant du creux de l’été !! ? Tiens, il n’y a plus de référence au service public ?… logique puisqu’il s’agit en définitive d’un appel public -privé , tous unis … pour banaliser les OGM !

Chaque idée développée tend à banaliser les OGM du végétal… en rejetant toute incertitude scientifique. Le fil conducteur est (trop) limpide : les essais en plein champ sont inoffensifs :« les essais en plein champ… ont reçu toutes les autorisations nécessaires… ne font courir aucun risque », c’est garanti bénéfique et indispensable pour «intégrer les nouvelles exigences du développement durable, promouvoir un meilleur respect de l’environnement et garantir aux consommateurs une offre alimentaire européenne de qualité ». A défaut un scénario catastrophe est dressé : « déjà nos filières de formation en biologie végétale sont désertées, à l’avenir semences obsolètes… indépendance et compétitivité en matière agricole et alimentaire compromises ». Ouf ! On échappe à l’évocation de la lutte contre la faim dans le monde qui clos l’argumentaire de base du cyberlobbying OGM !

A croire que les programmes préalables d’études des risques liés à la dissémination seraient même obsolètes ! Nous avions à SUD-INRA la faiblesse de penser que l’étude objective de ces risques constituait un enjeu prioritaire pour la recherche publique pour peu qu’elle ait les moyens de mener en toute indépendance et en toute sécurité ce type de travail. Et logiquement, nous pensions que les actions parfois menées contre ces essais n’étaient pas forcément pertinentes !

A croire qu’il n’y a plus de problème spécifique à ces cultures OGM ! Oubliées les recommandations du Comité des sages présentées, en mars 2002, sur les conditions de réalisations des essais à l’air libre ! L’un des auteurs de ces recommandations, Jacques Testard, a démissionné, en mai dernier, de la présidence de la Commission Française du développement durable, en manifestant son désaccord contre la logique de la « compétitivité » a outrance, et plaidant pour un réel « principe de responsabilité »…

Tirons les enseignements du passé, avant de signer un texte sans nuance : nous avons en mémoire le poids du lobby « nucléaire » service public de l’EDF & privé qui a totalement perverti le débat citoyen sur l’énergie dans les années 70 : A l’époque les actions contre le projet de centrale à Plogoff étaient jugées « ni légales, ni légitimes » pour reprendre le plaidoyer de la pétition pro-ogm… ; curieusement, les arguments étaient identiques : compétitivité, environnement, indépendance …

Non, nous ne pensons pas que sur ce sujet, ni sur les autres, les intérêts de la recherche publique et privée soient identiques !

En juillet, nous avions salué le début d’engagement du monde de la recherche sur ce dossier de société, initié par une lettre ouverte « de personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur » .

A l’opposé de la criminalisation des actions, souhaitée par la pétition du lobby OGM, l’urgence est bien à l’ouverture d’un débat de fond « il faut que nos institutions s’engagent dans le développement durable et s’ouvrent au débat » indiquait ce texte.

Ce dessin a été diffusé sur grand écran devant

300 000 personnes au Larzac 2003 !

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